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CHAPITRE X
La scène de la nuit l’avait empêché de dormir. Il repassait dans sa tête l’arrivée d’Hiroshi dans son lit, ses tentatives, l’arrivée de Suguru et ses accusations. Il était l’heure de se lever mais il n’osait pas quitter sa chambre. Il se releva toutefois et entrouvrit la porte. Du bruit venait de la cuisine. Il se faufila dans le couloir et écouta davantage. La discussion paraissait normale voire agréable. Il inspira et se dit qu’il ne pourrait pas rester cloîtré indéfiniment dans la chambre. Il retourna dans la pièce, prit ses affaires pour se laver et descendit lentement l’escalier en faisant du bruit pour ne surprendre personne. Les deux autres musiciens l’accueillirent, tout sourire.
« Bonjour, Shinichi. As-tu bien dormi ? lui demanda Suguru.
- Je… euh…
- Bonjour ! La chatte a miaulé cette nuit et nous espérons qu’elle ne t’ait pas réveillé », enchaîna Hiroshi en terminant sa tasse de café.
C’est plutôt vous et votre scène qui m’ont réveillé, songea le violoniste.
Pourtant, il se demandait s’il avait rêvé cet épisode ou pas. Il ne semblait y avoir aucun nuage entre ses deux hôtes et une pareille histoire aurait laissé des séquelles, même au réveil.
« Je vous laisse discuter. Je dois voir un truc sur ma moto, dit Hiroshi en quittant la pièce.
- Et toi, Suguru, tu… tu as bien dormi ?
- Hormis les plaintes d’Ikkyoku, oui. Elle miaule parfois sans raison, c’est bizarre. »
Ce qui est bizarre aussi, c’est que tu viens de te servir du café sans sucre, pensa Shinichi en contemplant la tasse que son ancien petit ami venait de lui servir avant de se resservir.
« Merci… À quelle heure quittez-vous la maison ? J’ai le temps de me doucher ?
- Oui ! Nous partons dans une demi-heure. Comme nous avons une émission télé, nous avons plus de temps.
- Bien, j’y vais alors ! » dit Shinichi en avalant le reste du café et en prenant ses affaires de toilettes sous son bras. Quand il sortit de la douche, il surprit un baiser entre les deux garçons et Hiroshi ressortit. Il entendit le vrombissement de la moto s’éloigner.
« Vous… vous êtes disputés ?
- Non ! Je lui ai demandé si je pouvais faire le trajet jusqu’à Tokyo avec toi histoire que nous discutions.
- Super ! Je vais chercher mes affaires et on y va. »
Les deux garçons s’installèrent dans un compartiment plein de lycéens et après les sujets routiniers Shinichi osa une question plus personnelle :
« Ça se passe bien entre vous ?
- Oui ! Hiroshi est très patient et même si parfois nous échangeons un mot plus haut que l’autre à cause des travaux que l’on fait dans la maison, ça n’est jamais sérieux ! »
Oui, j’ai dû rêver cette nuit… conclut Garai devant la mine épanouie de Fujisaki.
« Je suis content de voir que ça va. Et c’est vrai que les rénovations de la maison paraissent colossales. Vous avez fait du sacré travail ! »
La conversation se poursuivit jusqu’à Tokyo où les deux amis se séparèrent.
Le rendez-vous de la matinée semblait intéressant. Ils allaient enregistrer pour l’émission Hey ! Hey ! Hey ! Music Champ sur Fuji Television. Les plus grandes stars de la pop s’y étaient produites. Pourtant, il était de notoriété publique que les présentateurs, le duo comique Downtown, aimaient harceler leurs invités.
Hiroshi était déjà arrivé et fumait devant le studio de la chaîne privée. K était avec lui et ils avaient l’air de bien plaisanter. Un petit pincement comprima le cœur de Suguru, comme un sentiment de déjà-vu. Il se précipita et se joignit à la conversation mais tout semblait normal. Shuichi arriva le dernier, comme d’habitude.
« Mais qu’est-ce qu’il t’arrive ? lui demanda son ami devant sa mine déconfite.
- Yu… Yuki m’a viré. Il a jeté mes affaires par la fenêtre. C’est horrible, Hiro. Je vais mourir. »
Si seulement, c’était vrai pour une fois, songea Suguru en observant son petit ami consoler le chanteur.
Une demi-heure fut nécessaire pour calmer ce dernier, après quoi ils commencèrent enfin l’émission. Après les boutades d’usage des deux farceurs vinrent les questions plus personnelles.
« Hiroshi, Suguru, on a appris que vous habitiez ensemble. C’est la fiesta tous les soirs ?
- Pas trop. Fujisaki m’aide à retaper la maison donc c’est plutôt épuisant.
- Se voir au boulot, se voir le soir, pas de « scène de ménage » ?
- Monsieur Nakano est facile à vivre et…
- « Monsieur Nakano », l’imita le présentateur. Monsieur Nakano ça sonne…
- Vieux pervers ! compléta l’autre animateur. En parlant de ça, c’est l’heure de voir si nos stars savent se servir de leur queue !! »
Trois charmantes nymphettes remirent à chacun des musiciens une queue de billard.
« Je parie que Nakano est un pro de la queue, gloussa l’animateur. Je me trompe ?
- Bien… Je n’y ai pas joué depuis quelque temps.
- Ah, ah ! Tu es célibataire ?
- Ou pas ! Mais la vie sentimentale de nos J-Pop stars, après la partie. Une boule ratée égale une réponse à une question des téléspectateurs. »
Ils finirent l’émission en jouant leur nouveau single et reçurent une demi-journée de repos.
Hiroshi prit Suguru à l’écart :
« Rentre sans moi, je dois faire un truc.
- Vous allez voir monsieur Eiri ?
- Il… il a dépassé les bornes et quelqu’un doit remettre les pendules à l’heure. Tu… tu n’es pas jaloux ?
- Bien sûr que non. À tout à l’heure. »
Hiroshi regarda son petit ami s’éloigner sans se retourner. Tant pis, il se ferait pardonner le soir en ramenant une douceur chocolatée.
Il roula jusque chez Yuki mais celui-ci était absent. Il l’attendit donc au pied de son immeuble, enchaînant cigarette sur cigarette. Quand l’écrivain arriva, il écrasa sa cigarette et se dirigea vers lui, l’air furieux.
« L’esclave, ricana le blond.
- Espèce de connard, éructa Nakano en l’empoignant par le col. Tu… »
Mais les menaces moururent et, saisi d’une étrange envie, le guitariste embrassa à pleine bouche le petit ami de Shindo. Ce dernier le repoussa.
« T’es malade ! Dégage !
- Pourquoi ! s’offusqua Hiroshi. Je suis bien mieux que lui. Je suis expérimenté et je ne veux pas d’une relation. Juste un plaisir sans conséquence », ronronna-t-il en promenant ses mains sur le torse de Yuki. Celui-ci le regarda, un peu interdit.
« Pauvre Nakano. Shuichi sera ravi d’apprendre ça. Maintenant laisse-moi passer.
- Tu sais où me joindre pour… »
Mais l’écrivain avait refermé la porte de l’immeuble.
Le guitariste resta un moment immobile puis se dit qu’il avait envie de décompresser et Shibuya était l’endroit parfait même à cette heure de la journée.
OoOoOoOoOoO
La brouille entre Shuichi et son amant n’avait, en tout et pour tout, duré que deux jours. Deux jours au cours desquels le leader de Bad Luck avait été au plus bas, incapable de se concentrer et sans aucun éclat sur le plan vocal. Sakano voyait déjà les futures prestations du groupe annulées les unes après les autres, Shindo en dépression prolongée et, à moyen terme, la dissolution pure et simple de Bad Luck. Coup de théâtre, le lendemain matin, c’est un Shuichi radieux qui poussa la porte de la salle de répétitions sur un « Lalihooo ! » retentissant, le regard brillant et la mine réjouie. Ainsi, les tapageurs amants avaient fini par se réconcilier.
« C’est une bonne chose que monsieur Eiri soit revenu sur sa décision, commenta Suguru, sinon je ne vois pas comment nous aurions pu préparer le Tokyo Bay Music Fest à la fin du mois. Les Nittle Grasper et des groupes étrangers d’envergure doivent y prendre part, et si c’est pour y être ridicules, autant ne pas y participer. »
D’humeur bien trop éclatante pour accorder la moindre attention aux persiflages du claviériste, Shuichi se dirigea tout droit vers la cabine vitrée où se trouvait le micro et entreprit de s’échauffer la voix.
« Qu’avez-vous dit à monsieur Eiri pour le faire changer d’avis ? glissa Suguru à son petit ami. Je suppose que votre visite a dû avoir une influence ?
- Oh… Figure-toi qu’il n’était pas chez lui. Ensuite, ma colère est retombée et je n’ai pas jugé utile d’y retourner. Vu l’origine de la dispute, j’ai pensé que ça allait se tasser, et en effet c’est ce qui s’est produit.
- Hiro et Suguru, si vous voulez bien avoir l’obligeance de vous mettre au travail… » appela K du fond de la salle en effleurant la crosse de son magnum, et la discussion en resta là.
OoOoOoOoOoO
Presque à contrecoeur, Hiroshi coupa la douche et rejeta sa chevelure trempée en arrière. S’il s’était écouté, il serait resté encore un long moment sous le jet d’eau chaude. Les journées étaient longues à cause des travaux et il avait le sentiment de s’être lancé dans une entreprise sans fin. Certes, il n’ignorait pas en achetant la maison qu’il aurait fort à faire pour la remettre en état, mais imaginer et toucher la réalité du doigt était sensiblement différent ; Suguru le secondait du mieux qu’il le pouvait, bien entendu, mais même si la demeure avait commencé à se transformer, il restait encore beaucoup à faire ; trop à faire, songeait-il parfois avec découragement. Chaque fois qu’il posait les yeux quelque part, il se surprenait à penser qu’il faudrait y passer une couche de peinture, en modifier l’agencement, le rafraîchir.
Avec un petit soupir, il s’empara de sa serviette et entreprit de se sécher. Au moins, la pose des boiseries avançait rapidement et, une fois achevée, le couloir du rez-de-chaussée et l’entrée auraient une toute autre allure. Ceci fait, il serait temps de remplacer les feuilles de papier des panneaux coulissants de la salle de musique, à l’origine une pièce où s’était trouvé l’autel funéraire de la maison, ou encore de repeindre les toilettes que les propriétaires précédents, dotés d’un goût des plus douteux en matière de décoration, avaient transformé en cauchemar domestique aux murs vieux rose et au plafond vert pomme. Ils avaient même eu la délicatesse d’y poser une frise !
Sans prendre la peine de s’essuyer les cheveux, le guitariste enfila un tee-shirt et un jean large coupé aux genoux. Son regard se posa sur une tache trouble dans un coin du miroir au-dessus du lavabo et, machinalement, il la frotta du bout des doigts. Ce n’était pas de la buée, comme il l’avait cru. Comment la glace avait-elle pu se ternir alors qu’elle était parfaitement nette quand il avait visité la maison pour la première fois ? Les produits employés durant les travaux l’avaient-ils endommagée ?
Il plissa soudain les yeux et se rapprocha du miroir, intrigué. La tache trouble présentait grossièrement l’aspect d’un visage, le visage fin et allongé d’une femme aux longs cheveux.
« J’ai vraiment besoin de repos si j’en arrive à fantasmer sur un miroir abîmé… dit-il en secouant la tête. Et peut-être même d’un petit massage juste avant. »
Arrivé à la porte, il se retourna vers la glace mais la tache dans le coin n’était plus qu’une vague forme floue qui ne représentait absolument rien.
« Hiroshi, vous avez terminé ? l’appela Suguru du salon. Le dîner est prêt ! »
Un vrai petit homme d’intérieur… songea le musicien avec un mince sourire en refermant la porte de la salle de bains.
OoOoOoOoOoO
« Et voilà, c’était la dernière ! annonça Hiroshi d’un ton empli de fierté en reculant de quelques pas afin d’avoir un meilleur aperçu du résultat de son travail. Qu’en dis-tu, Suguru ? »
Ce dernier embrassa d’un regard tout aussi satisfait l’entrée et le vestibule auxquels les boiseries restaurées donnaient à présent un véritable cachet.
« La valeur de la maison vient d’augmenter de 10 pour cent, plaisanta le claviériste. À quoi nous attaquons-nous ensuite ?
- Hé bien, quel enthousiasme ! Et si nous nous accordions plutôt un petit instant de détente ? souffla Hiroshi en encerclant la taille de son petit ami avant de l’attirer contre lui.
- Et qu’avez-vous donc en tête ? ronronna Suguru en glissant entre eux deux sa main dont la course s’acheva sous la ceinture du jeune homme qui pressa plus fort son bassin en avant.
- En tête ?... Rien du tout. Plus bas, par contre… »
Des coups frappés à la porte d’entrée retentirent soudain et les deux amants se séparèrent d’un geste instinctif. Suguru jura à voix basse tandis qu’Hiroshi se remettait en ordre.
« Qui ça peut être ? Vous attendez quelqu’un ? questionna le jeune garçon.
- Non. C’est peut-être mon frère, il a le chic pour passer chez les gens à l’improviste », répondit le guitariste en allant ouvrir mais ce n’était pas Yuji qui attendait derrière la porte ; face à lui se tenait un homme d’une quarantaine d’années, de taille moyenne, aux cheveux bruns réunis en catogan. Il était vêtu d’un jean et d’une chemise écrue à manches courtes, et avait un casque de moto passé au bras.
« Bonsoir, le salua Hiroshi, un peu intrigué. Vous… désirez un renseignement ?
- Bonsoir. Vous êtes bien monsieur Nakano ? Je me présente : Toshihiko Dejima, je travaille pour le mensuel le détective moderne, dit-il en tendant une carte de presse. Je souhaiterais vous parler, puis-je entrer ?
- Heu… mais bien sûr. » Tout aussi étonné que Suguru, qui se présenta à son tour, le guitariste précéda le nouvel arrivant dans le salon, expliquant machinalement qu’ils étaient en plein travaux et qu’il ne fallait pas tenir compte du désordre.
« De quoi souhaitez-vous me parler, monsieur Dejima ?
- D’une disparition qui a eu lieu dans cette maison. »
Guitariste et claviériste ouvrirent de grands yeux et leur interlocuteur sut qu’il avait capté leur entière attention. Sans attendre leur réaction, il enchaîna :
« Voyez-vous, le détective moderne est un journal traitant non pas de l’actualité criminelle et judiciaire récente mais de toutes les affaires du passé. Rien qu’à Tokyo, vous n’imaginez pas combien ont été classées sans suite au cours des trente dernières années. Mais les mentalités changent et ce qui jadis ne sortait jamais du cercle familial commence à faire surface.
- Vous avez parlé de disparition, déclara Hiroshi. Ici ? Dans cette maison ?
- Oui. » Dejima tira un calepin de sa sacoche. « Le 23 septembre 1982, une certaine Izumi Koide, âgée de vingt-sept ans, a quitté le domicile conjugal et n’y est jamais revenue.
- Elle est partie un matin travailler ou faire des courses et elle n’est jamais rentrée chez elle, c’est ça ? commenta Hiroshi après un court instant de silence.
- Non. Elle a quitté son mari. Elle a fait ses valises et elle est partie. »
Suguru haussa les sourcils. En quoi la fuite d’une épouse malheureuse ou insatisfaite en ménage constituait-elle une affaire criminelle ? C’est ce qu’il dit.
« Oui bien sûr, présenté ainsi, cela n’a rien de particulièrement mystérieux. Cependant, il y a bien eu une enquête à l’époque. Des voisins avaient signalé que le couple battait de l’aile et que le mari, Shohei Koide, était un homme très jaloux et possessif, qui se disputait fréquemment avec sa femme qu’il accusait de le tromper. Ils l’auraient entendu, à quelques reprises, la menacer de la tuer, relata le journaliste.
- Pas étonnant dans ce cas qu’elle soit partie, conclut Suguru.
- Ou… que son mari ait mis sa menace à exécution. C’est à cela que vous pensez, monsieur Dejima ?
- L’enquête a abouti à un non-lieu. Des maris jaloux, ce n’est pas ce qui manque et la plupart d’entre eux n’assassinent pas leurs femmes. À mon avis, les policiers chargés de l’enquête à l’époque n’ont pas dû chercher bien loin. Ils n’ont jamais retrouvé l’épouse en fuite, en tout cas. C’est cela qui me pousse à penser que, peut-être… elle n’était plus en vie.
- D’un autre côté, vous venez de dire que l’enquête a été plus ou moins bâclée, fit remarquer Hiroshi. Et le mari jaloux ? Qu’est-il devenu ?
- Hé bien… Il est mort peu après. Le 17 octobre. On l’a retrouvé, lui. Apparemment, il avait un penchant pour la bouteille et, un soir de cuite, il est tombé dans un escalier et s’est rompu le cou. Cet escalier », dit Dejima, désignant l’escalier qui menait aux chambres. Un silence empreint de malaise suivit ces paroles.
« Par la suite, la maison a été rachetée par un banquier du nom de Kozuka qui l’a offerte à sa fille et son gendre, mais ceux-ci n’y ont vécu que quelques mois avant de partir s’installer au Venezuela. Les Kozuka ont conservé la maison comme résidence secondaire, la louant occasionnellement puis à la mort de monsieur Kozuka, sa femme l’a mise en vente. Ce qui explique peut-être son relatif manque d’entretien, acheva le journaliste avec un geste vague en direction des tréteaux et des seaux de peinture entreposés dans un coin.
- Cette histoire est… très intéressante, monsieur Dejima mais… pourquoi êtes-vous venu me trouver ? Mon camarade et moi ignorions absolument tout de cette affaire et si vous cherchez des éléments pour votre article, j’ai bien peur que nous ne puissions rien vous apprendre de neuf.
- En fait, j’espérais que vous me laisseriez visiter la maison. Bien entendu elle a certainement changé depuis tout ce temps mais je voudrais tout de même prendre quelques notes… et quelques photos aussi, si vous me l’autorisez. J’ai déjà interrogé les voisins mais la plupart n’habitaient pas ici à l’époque des faits. Le conbini au bout de la rue a par exemple remplacé la petite épicerie où madame Koide faisait régulièrement ses courses. Enfin, je ne désespère pas d’arriver à trouver d’autres éléments. Vous savez ce qu’on dit : un bon journaliste ne renonce jamais ! »
Toshihiko Dejima prit congé peu après, promettant de tenir les deux garçons au courant de l’avancée de ses recherches. Il donna aussi sa parole de ne pas dévoiler l’identité des actuels propriétaires de la maison, qui avaient révélé la nature de leur activité professionnelle après que le journaliste ait aperçu les instruments dans la salle de musique.
« Je m’en voudrais d’envoyer à votre porte des hordes de fans hystériques », avait-il dit en riant, puis il était parti.
« Que pensez-vous de toute cette histoire, Hiroshi ? On ne vous a rien dit de tout ça, à l’agence ?
- Non, mais je ne pense pas que raconter qu’un type s’est tué dans son salon soit un très bon argument de vente, répondit le jeune homme. Qu’en dis-tu, toi ? Sa femme est partie ou il l’a tuée ?
- Je n’en sais rien et pour tout dire, je n’ai pas vraiment envie de le découvrir. Il est tard, constata le claviériste en consultant sa montre. Nous devrions aller manger.
- Oui, et comme l’autre nous a empêché de préparer un repas digne de ce nom, je t’invite au restaurant. Le temps de se changer et on y va !
- Il ne me semble pas que nous étions sur le point de nous mettre aux fourneaux lorsque nous avons été interrompus », murmura Suguru avec une œillade polissonne à l’adresse de son petit ami avant de monter chercher des vêtements propres dans sa chambre.
De retour à la maison, aux alentours de 23 heures, l’histoire du couple Koide était totalement passée au second plan de leurs préoccupations.
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Conbini (ou convini) : abréviation de « Convenience Store », petites supérettes de quartier, fréquemment utilisé pour les désigner.
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