CHAPITRE VI

 

Les trois garçons auraient dû se concentrer mais chacun avait le regard rivé vers la pendule du studio. Yuki devait passer à N-G en revenant de chez son éditeur et Shuichi était en ébullition. Suguru, lui, avait prévu une soirée aux chandelles, n'était-ce pas son anniversaire ? Il pensait même à un autre bain commun, le premier, quelques jours auparavant, s'étant tellement bien passé que celui-ci ne pourrait être que meilleur. Hiroshi attendait aussi la fin des répétitions pour rejoindre la bassiste des Bloody Jezabel ; il ne l'aimait pas mais l'affection de Suguru et les étreintes de Yukari semblaient fournir un nouvel équilibre à sa vie sentimentale : engagé avec aucun des deux, il n'en tirait que des bénéfices.

 

« Et si cette fois vous pouviez éviter de brûler une chambre, nous vous en serions reconnaissants sinon… je démissionne, pleurnicha Sakano en se remémorant le triste incident de la dernière tournée qui avait été étouffé grâce aux nombreuses relations de monsieur Seguchi.

 

- C'était un accident, plaida Shuichi.

 

- Keep cool, Sakano ! Shuichi is under my control ! le rassura K. Vous pouvez y aller, guys. À demain ! »

 

Les trois musiciens se hâtèrent de sortir mais Hiroshi retint tout de même Suguru :

 

« Je te préviens au dernier moment mais… je ne rentre pas avec toi. On n’habite pas loin de la gare, tu verras.

 

- Oh…

 

- Tu as l'air déçu.

 

- C'est-à-dire que… C'est mon anniversaire aujourd'hui.

 

- Vraiment ?? »

 

Le guitariste réfléchit.

 

« Je te promets de rentrer le plus tôt possible. Tu m'attendras ?

 

- Oui, bien sûr. »

 

Mais la déception sur le jeune visage était flagrante et Nakano se sentit une fois de plus coupable. Combien de temps pourrait-il poursuivre sa relation triangulaire ? Il regarda son colocataire partir et alla rejoindre la musicienne.

 

OoOoOoOoOoO

 

La soirée perdit toute sa saveur et sa mère, au bout du fil, le perçut :

 

« Nous venons te voir ce week-end ! décida-t-elle.

 

- Mais la maison n'est pas prête !

 

- Tu ne veux pas nous voir ? Parce que nous pouvons aller chez Tohma, sinon.

 

- Je préfèrerais que vous logiez lorsque ce sera prêt. En revanche, je serais très content de vous voir, vous me manquez. »

 

Et c'était vrai. Même s'il avait quitté jeune sa famille, elle lui manquait et il se rendait régulièrement à Kyoto. Son petit frère Ritsu, surtout, lui manquait mais avec les travaux, il avait été bien occupé.

 

Un claquement le tira de sa mélancolie. Étonné d'avoir laissé une fenêtre ouverte, il se leva et se dirigea vers la future salle de musique d'ou provenait le bruit. La fenêtre était bien fermée, aucun courant d'air ; bizarre. Il regarda sa montre. 20h17. Au même moment, un bruit troubla le calme, comme un frottement sur le sol. Dans la cuisine, un carton bougeait. Avant qu’il ait eu le temps d'échafauder la moindre théorie, l'objet fit un bond et une petite boule crème en émergea et détala dans les escaliers.

 

« Le chat…» murmura-t-il.

 

Afin de faire taire les autres petits bruits sinistres – comme le grincement du parquet – il s'installa dans le coin musique, pour l’heure une table basse avec la chaîne, les cartons de CD et deux coussins, et chercha dans les disques du guitariste. S'il n'était pas là, sa musique prendrait sa place. La collection était d'une variété incroyable et recelait un nombre important d'imports. Il choisit l'album des Pink Floyd Wish you were here et l'inséra dans la chaîne. Peut-être allait-ce être comme une incantation magique à son souhait.

 

« Le vinyle a un bien meilleur son, lui fit remarquer une voix familière.

 

- Vous avez failli me tuer, monsieur Nakano !

 

- Joyeux anniversaire », déclara Hiroshi en tendant un paquet.

 

Le garçon ouvrit le cadeau posément et sourit.

 

« Elle devrait être à ta taille, sinon nous irons la changer.

 

- Elle est magnifique, dit Suguru en enfilant la veste en cuir toute neuve.

 

- Tu verras, ça tiendra chaud cet hiver en moto.

 

- Merci, monsieur Nakano.

 

- Tu as dîné ? Parce que je meurs de faim.

 

- Non, à vrai dire je…

 

- Tant mieux, j'ai ramené des choses exceptionnelles ce soir dont un dessert… Tu tuerais pour en avoir. Nous pourrions le déguster… dans un bon bain chaud ? »

 

La soirée se passa très agréablement avec en prime un dessert pour le moins délicieux.

 

OoOoOoOoOoO

 

« Ma mère vient nous voir ce week-end, ça ne vous dérangera pas ? demanda Suguru en dégustant son premier café de la journée.

 

- Bien sûr que non ! C'est aussi chez toi. Si elle dort ici nous allons devoir mettre les bouchées doubles pour avoir au moins une pièce de propre.

 

- Elle dort chez mon cousin, me semble-t-il.

 

- C'est mieux pour le moment. Ce soir nous allons choisir les tapisseries pour les chambres. Si nous pouvions les finir avant de partir en tournée, ce serait super.

 

- Avec le concert de Muse nous aurons le temps ?

 

- On ne fera la tapisserie que samedi. »

 

La discussion matinale aussi était devenue une habitude. Les deux garçons bavardaient de la journée et des travaux à venir tout en savourant leur petit-déjeuner alors que le soir, ils parlaient musique, cinéma ou anecdotes.

 

OoOoOoOoOoO

 

« C'était génial ! Quel groupe de scène ! s'exclama Fujisaki en retirant son casque de moto. Il joue vraiment très bien du piano, j'adore ses ballades ! On peut mettre le disque ? »

 

Nakano sourit devant autant d'enthousiasme et une fois installés dans le coin musique, il glissa le dernier album de Muse dans la chaîne. Habiter une maison isolée avait ses avantages et il mit le volume assez fort.

 

Ils parlèrent du groupe anglais et ce soir-là, Hiroshi se décida. Il se pencha lentement et cueillit un baiser.

 

« Tu sais… J’ai pris une décision… » souffla-t-il après avoir relâché les lèvres d’un Suguru médusé par la surprise et incapable de croire que le détenteur de son cœur venait de lui offrir un premier baiser.

 

« Une… une décision ? balbutia le garçon, le cœur battant à tout rompre.

 

-  Oui. Je… Ayaka, c’est définitivement du passé. J’ai décidé de passer à une autre histoire et… j’aimerais beaucoup faire un bout de chemin avec toi, si ma modeste personne t’intéresse toujours, bien sûr. »

 

Sidéré, Suguru se contenta de regarder le guitariste avec des yeux ronds. Une déclaration… Il avait l’impression d’avoir à l’instant reçu une demande en mariage et ne savait pas quoi répondre à pareille chose. Alors, faute de mots, il se jeta sur Hiroshi et l’embrassa avec férocité.      

 

« Waouh ! Quelle fougue… haleta celui-ci en détachant ses lèvres de celles du jeune garçon. Mais… je dois dire que ça me plaît beaucoup…

 

- Si vous saviez combien je suis heureux, monsieur Nakano… souffla Suguru, euphorique, en se pressant tout contre son petit ami avant de l’embrasser avec une ardeur renouvelée.

 

- Je ne t’imaginais pas aussi chaud… »

 

Le claviériste lui-même ne se connaissait pas aussi entreprenant, mais qu’importait ? Et puis, qui aurait pu rester stoïque en face d’un garçon tel qu’Hiroshi Nakano ?

 

« Ça n’a pas l’air de vous déplaire… ronronna-t-il en s’asseyant sur les cuisses de son petit ami qui décida soudain de passer à l’offensive et attira Suguru contre lui puis le renversa au sol. Le jeune garçon laissa échapper un hoquet de surprise et se tendit instinctivement.

 

« On… on devrait s’arrêter avant que les choses n’aillent trop loin », déclara Hiroshi, conscient du changement en s’écartant. Suguru se rassit lentement et remit ses vêtements en ordre, dégrisé.

 

« Oui, c’est… Je me suis peut-être un peu laissé emporter. »

 

Le guitariste lui caressa doucement la joue.

 

« Je ne sais pas grand-chose de toi, en fin de compte. Je veux dire de… ta vie sentimentale », fit-il remarquer. Un petit sourire étira les lèvres du claviériste.

 

« Évidemment, je ne suis pas monsieur Shindo, moi. Et puis, la vie privée doit rester privée, ne pensez-vous pas ?

 

- Oui bien sûr mais… j’aimerais bien en apprendre un peu plus sur toi. »

 

Suguru croisa les jambes et posa les mains sur ses genoux.

 

« Vous voulez savoir si j’ai déjà eu quelqu’un dans ma vie, monsieur Nakano ?

 

- J’avoue qu’en effet je me suis déjà posé la question.

 

- Hé bien… Je suis sorti avec quelqu’un, une fois. Mais ce n’est pas allé bien loin, j’étais très jeune à l’époque, vous savez », déclara Suguru avec un grand sérieux. Hiroshi se mit à rire.

 

« Tu dis ça comme si tu étais très vieux ! Mais c’est mignon. Fille ou garçon ?

 

- Garçon. Un peu plus âgé que moi. Et violoniste, si vous voulez tout savoir. C’était juste avant que je ne vienne m’installer à Tokyo. Puis j’ai fait votre connaissance et… vous connaissez la suite. Alors je m’en remets à vous pour m’initier à toutes ces choses que je ne connais pas encore. »

 

Le guitariste se glissa à ses côtés, passa un bras autour de ses épaules et le serra tout contre lui.

 

« Ne t’en fais pas. Je n’ai pas l’intention de te bondir dessus. J’irai à ton rythme et quand tu te sentiras prêt… » 

 

Il laissa sa phrase en suspens et Suguru, avec un petit sourire, l’embrassa dans le cou.

 

OoOoOoOoOoO

 

C’est un frôlement contre ses cheveux qui réveilla Hiroshi en sursaut et, d’un geste réflexe, il alluma sa lampe de chevet.

 

« Ikkyoku ! » siffla-t-il à la vue de la petite chatte qui le dévisageait de ses grands yeux verts, assise sur son traversin. Il lança un regard ensommeillé à la porte entrebâillée.

 

« J’étais pourtant certain de l’avoir fermée hier soir… » maugréa-t-il en passant une main lasse dans ses cheveux en désordre. Le petit radio-réveil posé sur la table de nuit indiquait 7h30 et il se leva à regret. Une journée chargée les attendait avec le début de la pose de la tapisserie dans les chambres, et avec la venue de la mère et du petit frère de Suguru l’après-midi même, le claviériste avait tenu à s’y prendre tôt afin d’avancer au maximum. Il s’étira et ouvrit ses volets ; le ciel était gris et il pleuvait.

 

« Allez viens, toi, on va travailler », dit-il en ramassant la petite chatte. Dans le salon, le shôji était entrouvert sur le jardin car en dépit de l’heure matinale la chaleur lourde et saturée d’humidité était déjà étouffante. Sans doute un courant d’air avait-il fait s’entrebâiller la porte de sa chambre. Un bruit d’eau qui coule provenait de la salle de bains.

 

Il ne mentait pas en disant qu’il comptait s’y mettre de bonne heure… songea-t-il en contournant le comptoir de la cuisine pour aller prendre une boîte de croquettes dont il remplit l’écuelle en plastique rouge d’Ikkyoku puis, en attendant que Suguru finisse de prendre sa douche, il prépara le petit déjeuner. Le claviériste ne tarda pas à le rejoindre et il l’accueillit d’un baiser.

 

« Salut. Hyper motivé, je vois, dit-il en lui tendant une portion de riz.

 

- Merci, monsieur Nakano. J’espère que nous arriverons à faire ma chambre en entier aujourd’hui. Si nous parvenons à l’avancer suffisamment avant que ma famille arrive, pensez-vous que ce sera faisable ?

 

- Hé bien… Je ne suis pas un spécialiste de la tapisserie mais ça ne doit pas être bien compliqué une fois qu’on a pris le coup. Plus tôt nous nous y mettrons, plus tôt nous en aurons fini. »

 

Dans un premier temps, les deux garçons avaient décidé de garder chacun leur chambre. Celle qu’avait choisie Suguru était un peu plus petite que celle d’Hiroshi mais la surface à tapisser n’en demeurait pas moins importante, d’autant plus que ni l’un ni l’autre n’avait jamais posé le moindre lé de papier peint. Inexpérience et maladresse ne tardèrent cependant pas à engendrer frictions et prises de bec.

 

« C’est bon, cette fois ? C’est bien aligné, là ?

 

- Oui, monsieur Nakano.

 

- Ok, alors je déroule. Fais attention aux bulles d’air. »

 

Juché sur un escabeau, Hiroshi lâcha la tapisserie repliée sur elle-même et entreprit de la coller au mur à l’aide d’une large brosse souple. Placé au-dessous de lui, Suguru guidait la partie inférieure en s’efforçant de faire le raccord le plus parfait possible.

 

« Mais fais un peu attention ! Tu vois pas que ça part en travers ?!

 

- Ça n’est pas de ma faute ! C’est le mur qui n’est pas droit à la base et ça décale tout le reste ! »

 

Hiroshi décolla d’un geste exaspéré la tapisserie et la replaça sur le mur presque à l’identique. La colle était en train de sécher et s’ils ne se dépêchaient pas de poser ce panneau, ils allaient devoir le jeter car les manipulations qu’il avait subies commençaient à se voir sur sa surface.

 

« Les mauvais musiciens disent toujours que c’est la faute de leur instrument quand ils jouent comme des manches », persifla-t-il. Suguru plaqua avec rage le papier au mur et se mit debout d’un geste vif.

 

« Désolé de ne pas être doué en bricolage, tout compte fait vous auriez dû insister auprès de monsieur Makino pour prendre cette colocation ! rétorqua-t-il. Mais peut-être lui aussi se serait-il défilé en voyant l’ampleur de la tâche à effectuer !

 

- Il me semble bien que tu m’avais assuré te débrouiller en bricolage, et je constate depuis le début des travaux que ce n’est pas vraiment le cas, lança Hiroshi d’un ton ironique. Sachant cela, nous aurions simplement dû nous contenter de repeindre les chambres mais non, tu as tenu à les tapisser, et depuis ce matin c’est une galère SANS NOM ! »

 

Si la coupe des premiers lés s’était plutôt bien passée, la pose aux murs s’était rapidement transformée en cauchemar : papier posé en biais, mal encollé, déchiré à force d’être repositionné, bulles d’air… autant de pépins qui avaient mis à mal la patience d’Hiroshi autant que celle de Suguru, coupable aux yeux du guitariste d’avoir insisté pour tapisser alors que lui était plutôt favorable à un bon coup de peinture.

 

« Hé bien, si vous trouvez si pénible de travailler avec moi, autant me laisser faire le reste tout seul ! Allez peindre votre chambre, je n’ai pas besoin de votre aide ! »

 

Rageur, le jeune garçon quitta la pièce et dévala les escaliers jusqu’au salon, où la table de coupe, une longue planche posée sur deux tréteaux, était installée. D’une main tremblante de colère, il plaqua la règle de découpe sur les repères tracés au crayon et tira brutalement un trait de cutter. La lame dévia et lui entailla profondément le dos de l’annulaire, du majeur et de l’index.

 

Hiroshi l’avait suivi et se trouvait à mi-hauteur des escaliers quand il l’entendit pousser un cri et le vit se tenir la main gauche. Mi-inquiet, mi-exaspéré, il courut aussitôt à ses côtés.

 

« Qu’est-ce qu’il y a ? Tu t’es fait mal ? » s’enquit-il en lui posant la main sur l’épaule. Suguru se dégagea et lui renvoya un regard courroucé mais son petit ami lui prit la main de force et l’obligea à l’ouvrir. Du sang coulait abondamment de la coupure et de grosses gouttes tombèrent au sol.

 

« Je crois que… qu’on ferait mieux d’arrêter les frais pour aujourd’hui, dit-il simplement, radouci. Ne bouge pas, je vais m’en occuper. »

 

Il eut tôt fait de panser la plaie, et quand il en eut terminé se fit jour un autre problème : avec un épais bandage autour des doigts, inutile d’espérer que Suguru soit en mesure de jouer au cours des jours à venir.

 

« Merci, monsieur Nakano », dit le garçon, piteux et parfaitement conscient que son geste maladroit et emporté allait causer des problèmes au groupe tout entier.

 

- Excuse-moi de m’être énervé à ce point. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, je suppose que c’est la chaleur et la fatigue accumulées depuis le début des travaux. Je vois bien que tu fais de ton mieux, et je ne suis pas persuadé d’être un tapissier particulièrement doué. »

 

Hiroshi lui caressa tendrement la joue.

 

« On reprendra demain. Pour le moment, mieux vaut ranger avant l’arrivée de ta famille. »

 

OoOoOoOoOoO

 

Haruka Fujisaki et Ritsu arrivèrent à 13h30. Il avait cessé de pleuvoir mais le ciel était toujours gris et chargé. Les présentations faites, et après une visite de la maison, ils prirent le thé accompagné des pâtisseries traditionnelles que la mère du claviériste avait apportées.

 

« C’est une grande maison que vous avez achetée, monsieur Nakano. N’est-ce pas un logement un peu trop grand pour deux personnes ?

 

- À vrai dire… quand je l’ai achetée, j’étais sur le point de me marier mais… les choses en sont allées autrement. C’est pour cela que j’ai pris un colocataire.

 

- Oh, veuillez excuser mon indélicatesse.

 

- Vous ne pouviez pas le savoir. Au début, je pensais la revendre puis j’ai changé d’avis. Il y a encore beaucoup de travaux à faire mais une fois totalement remise en état, ce sera une belle demeure. Et puis, Suguru et moi pouvons répéter le soir sans déranger personne, ce qui est appréciable. »

 

Ritsu, le cadet de Suguru, âgé de huit ans, jouait dans un coin avec Ikkyoku qui, comme tous les chatons, ne demandait qu’à s’amuser. Le ciel plombé assombrissait la pièce à laquelle les murs nus, dépouillés de leurs boiseries, donnaient un aspect quelque peu lugubre, et si le petit garçon ne paraissait pas particulièrement oppressé par cette atmosphère singulière, il n’en allait pas de même pour sa mère. Elle se sentait un peu mal à l’aise, sans parvenir à s’expliquer pourquoi.

 

« Qu’est-ce que tu t’es fait à la main ? demanda-t-elle au bout d’un moment.

 

- Ça… Je me suis blessé ce matin, en coupant la tapisserie. Rien de grave, expliqua son aîné.

 

- Ça va te gêner pour jouer, non ?

 

- Bah, j’en profiterai pour travailler sur des arrangements. »

 

Ritsu et sa mère s’en allèrent en fin d’après-midi et une fois dans la rue, madame Fujisaki ne put s’empêcher de remarquer que l’étrange sentiment d’oppression qu’elle avait éprouvé jusqu’alors avait disparu.  

 

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