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CHAPITRE VIII
« Ça fait du bien d’être chez soi… même si tout n’est pas fini, remarqua Hiroshi avec une petite moue vers les boiseries à peine poncées. Tu as une idée pour notre break ? »
La tournée provinciale qui avait commencé par Yaizu venait de s’achever et les musiciens disposaient à présent de trois jours de repos.
« Je ne sais pas, répondit son petit ami en se lovant contre lui. Nous pourrions… juste rester ici à se reposer avec interdiction formelle de toucher un outil ? »
Depuis que sa relation avec Hiroshi avait évolué, le claviériste oeuvrait encore plus férocement. Il n’était plus seulement en colocation, il rénovait leur nid et peut-être… peut-être feraient-ils bientôt chambre commune. Pourtant la fatigue de la tournée se ressentait et du farniente leur ferait le plus grand bien.
« Je vais me coucher ! déclara Hiroshi en se levant. Et demain, je ne veux être réveillé que par des câlins sinon…
- Sinon quoi ?
- Sinon… ma vengeance sera épouvantable et tu t’en souviendras jusque sur ton lit de mort ! »
Il rit et monta le grand escalier.
Un peu effrayé par le silence pesant, Suguru ne tarda pas à rejoindre sa chambre dans laquelle l’ombre la petite chatte sur un mur le fit sursauter. Il mit l’animal dehors et se glissa vite dans les draps.
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Point de câlins au réveil mais des miaulements à fendre l’âme. Que le petit félin ait faim était compréhensible, mais qu’il miaule comme s’il agonisait en était une autre.
Dès le début de sa vie chez les garçons, elle s’était attachée à son premier contact : Suguru. Hiroshi lui avait expliqué en lui mettant le chaton dans les bras que le petit animal devait s’habituer à leur odeur et que pour plus de facilité, il fallait la caresser le plus possible. Sous le regard bienveillant du guitariste, la petite chatte avait passé la soirée dans ses bras et visiblement l’avait adopté car dès qu’elle le pouvait, elle se faufilait dans la chambre de Suguru et dormait sur le lit des heures durant.
Ce matin-là, c’est chez ce dernier qu’elle gratta avec force jusqu’à ce que la porte s’ouvre. Elle s’engouffra alors dans la chambre, s’appropria le lit et réveilla le dormeur avec ses petits cris aigus. Ainsi, Fujisaki commença sa journée de repos bien mérité en grognant. Au bout d’une demi-heure, il saisit Ikkyoku et décida de la remettre à son véritable maître. Il glissa ses pieds dans des chaussons et poussa doucement la porte de la chambre de son petit ami. Son cœur battait à tout rompre : il avait tant envie de le rejoindre au creux des draps ! Il posa le chaton et ressortit aussitôt de la chambre comme s’il allait être changé en statut de sel si l’autre musicien venait à le voir.
Dans le couloir, il se résigna à ne pas se rendormir et descendit dans la cuisine préparer le petit déjeuner. Son téléphone portable sonna. Sa mère. Elle l’appelait toujours tôt. Elle lui demanda quand il serait à son domicile ces jours-ci car elle lui envoyait son cadeau d’anniversaire et il nécessitait la présence de quelqu’un pour le réceptionner. Comme le garçon l’informa de ses trois jours de repos, sa mère prit les dispositions qu’il fallait et lui souhaita une bonne journée.
Rien ne tardait chez les Seguchi et alors que le cadeau devait arriver dans la semaine, il arriva dans la matinée. Hiroshi dormait encore quand un énorme camion s’engagea dans l’allée. Le claviériste signa le bon de livraison sans oser en croire ses yeux.
« Il est superbe ce piano ! fit remarquer une voix derrière lui.
- Oh ! Vous êtes réveillé monsieur Nakano. C’est le cadeau de ma mère. Il me tarde de l’essayer. »
Aussitôt dit, aussitôt fait, Suguru s’installa derrière l’instrument et laissa ses doigts parcourir le clavier. Hiroshi s’assit dans un coin et l’écouta, une tasse de café à la main.
« Pourquoi tu as arrêté le classique ? Tu aurais eu une carrière fabuleuse, lui dit-il lorsque son petit ami referma le cylindre.
- Je l’avais ma carrière fabuleuse et je l’ai encore aujourd’hui. J’aime les défis et… je ne vous aurais jamais rencontré, répondit Fujisaki en se blottissant contre le grand garçon. Vous avez passé une bonne nuit ?
- Merveilleuse. Et toi ?
- Courte, grâce à votre chatte. Elle a miaulé sans arrêt comme si on l’égorgeait puis a gratté à ma porte et finalement… finalement j’en ai eu marre. Je me suis levé pour aller la mettre dans votre lit où visiblement elle a poursuivi sa nuit avec calme et sérénité.
- Ne boude pas. Dis-moi ce que tu veux pour me faire pardonner et je serai ton obligé. »
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Ces trois jours en autarcie, loin de la fureur de Tokyo et surtout loin des outils firent un bien fou aux deux musiciens même si le jour de la reprise coïncidait avec son anniversaire. Du moins Hiroshi le pensait-il en essuyant d’un geste vigoureux le miroir de la salle de bains. D’accord il venait de se laver mais pourquoi la buée persistait-elle ? Il inspecta les murs qui révélèrent une bonne ventilation.
Ça se dissipera bien, songea-t-il en ouvrant la porte de la pièce pour aérer.
« Ano… Monsieur Nakano… »
Le guitariste sortit de sa rêverie et s’arrêta un instant pour voir d’où Suguru l’appelait.
« Vous compter aller répéter en serviette ? »
Le garçon sursauta :
« Tu es là ? demanda-t-il.
- A priori… oui.
- Tu viens de m’appeler ?
- Non.
- Vraiment ?
- Vraiment. Vous devriez vous dépêcher un peu car même si je ne me lasse pas de vous voir ainsi… messieurs K et Sakano l’interpréteraient différemment »
Et la journée défila.
« Vous savez, j’ai un petit cadeau pour vous, déclara Suguru en ôtant son casque de moto, le soir venu.
- Oh ? Et qu’est-ce que c’est ?
- Que diriez-vous si je vous disais que… c’est moi le cadeau ?
- J’aurais hâte de le déballer. »
Hiroshi poussa la porte qu’il venait d’ouvrir et se laissa plaquer contre le mur par son petit ami qui le guida à reculons jusqu’au salon tout en l’embrassant.
« Ne déchirez pas l’emballage, gloussa le claviériste alors que son petit ami lui retirait férocement sa chemise.
- Ne t’inquiète pas, je suis pro en la matière. Mais, et si toi tu t’occupais de moi ? »
De légers murmures, inaudibles pour les amoureux, parcoururent le salon.
« Si tu ne m’arrêtes pas, je vais te manger tout cru, petit Fujisaki.
- Moi je vais t’arrêter, beugla une voix connue dans l’obscurité.
- Chuuut ! Et la surprise, Shuichi, répondit quelqu’un d’autre à voix basse.
- Je crois qu’elle est… réussie, dit Sobi en allumant une petite lampe. Joyeux anniversaire, Hiro-chan. »
Sakura, Yuji, qui maintenait toujours Shuichi, Junichi et Yukari. Eux aussi étaient là et regardaient avec amusement les deux garçons se rhabiller à la hâte.
« Je suis un peu déçue qu’il m’ait larguée pour Fujisaki, confia Yukari à Sobi.
- Il a toujours eu des goûts bizarres. »
Malgré une légère gêne des deux protagonistes principaux, la soirée reprit doucement son cours. Seul Shuichi boudait dans son coin.
« On dirait que vous y êtes arrivé, souffla Sobi à Suguru. Je ne l’aurais jamais cru, pourtant.
- Qu’est-ce qui vous étonne, monsieur Mizutani. Que monsieur Nakano ne s’intéresse pas qu’aux personnes… dépravées ?
- C’est moi que vous traitez de dépravé ? demanda le garçon, amusé.
- Si vous vous sentez visé…
- Et avec vous, il a franchi le pas ou il vous regarde toujours dans le blanc des yeux ? Peut-être que les personnes… chastes l’attirent mais l’excitent-elles ?
- L’excitation… pour ce que ça dure. Il est à moi maintenant alors cessez vos regards concupiscents.
- Sinon quoi ?
- Sinon… »
Le claviériste planta un regard noir comme la nuit dans celui du gérant du sex-shop dont le sourire s’évanouit et qui sentit un frisson lui parcourir l’échine. Sobi ne trouva rien à dire devant ces yeux glacés et… fous ? Heureusement Hiroshi désamorça la situation en prenant son petit ami par les épaules :
« Ne dis pas de bêtises sur moi, So-chan. Merci pour la soirée ! » sourit-il.
Mizutani esquissa un maigre sourire et retourna auprès de Junichi. Le claviériste l’avait impressionné et il ne souhaitait plus s’y frotter.
Les invités partis, les deux amoureux restèrent encore un moment l’un contre et si Suguru suggéra de reprendre où ils avaient été interrompus, Hiroshi bâilla et préféra se coucher.
« Et… je peux dormir avec vous ?
- Euh… Une autre fois, je suis vraiment claqué.
- Que se passe-t-il ? Pourquoi ne voulez-vous pas de moi ? demanda le claviériste, agacé.
- Il n’y a rien, je t’assure.
- Vous mentez et…
- Et quoi ? Je ne couchais pas avec Ayaka, je l’ai quand même demandée en mariage.
- Peut-être que nous pourrions…
- Non ! Il me faut du temps. Si je couche avec toi ça voudra dire que je t’aime davantage qu’elle et… »
Mais Nakano ne poursuivit pas. Il s’était laissé emporter et avait blessé son petit ami.
- Bonne nuit, monsieur Nakano.
- Att…
- Bonne nuit », conclut Suguru.
La partie aurait dû s’arrêter là mais Hiroshi voulut avoir le dernier mot.
« La vérité… La vérité, s’entendit-il articuler, incapable de stopper les mots, c’est que je ne te désire pas. Je n’y peux rien, j’ai beau penser à autre chose, tu ne m’excites pas. »
Un rictus s’afficha sur ses lèvres et il laissa le garçon, pétrifié.
Incapable de croire à ce qu’il venait d’entendre, Suguru regarda sans faire un geste son petit ami se détourner de lui et gravir l’escalier qui conduisait aux chambres. Stupeur et indignation le clouaient sur place, et le pire était ce sourire mesquin qu’il lui avait adressé après lui avoir envoyé ses paroles au visage. Son orgueil offensé se cabra et il esquissa le geste de se précipiter à la suite du jeune homme afin de lui faire comprendre, au moyen d’une gifle bien sentie, combien il avait peu apprécié sa déclaration mais sa colère retomba presque aussitôt et il demeura immobile, peiné plus que toute autre chose. Bien entendu, il n’avait jamais prétendu avoir chassé Ayaka du cœur du guitariste mais se l’entendre dire en face l’avait affreusement blessé. D’une démarche pesante, il regagna lui aussi sa chambre et se mit au lit sans tarder.
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Le petit déjeuner, le lendemain, fut pris dans une atmosphère tendue et désagréable. Hiroshi en imputa la cause à ses paroles maladroites de la veille et, devant la froideur de son petit ami, décida de faire amende honorable.
« Fujisaki, je suis désolé pour ce que je t’ai dit, hier soir… dit-il d’un ton prudent, sachant combien le claviériste était ombrageux. J’étais crevé, c’est la vérité, mais j’ai eu tort de parler d’Ayaka.
- La vérité c’est surtout que vous n’avez aucun désir pour moi, alors ne vous fatiguez pas à chercher des excuses fumeuses », rétorqua Suguru, glacial, assortissant ses paroles d’un regard courroucé. Hiroshi le regarda, interdit.
« Qu’est-ce que tu racontes ? D’où tu sors une idée pareille ?
- De vous-même. Avez-vous déjà oublié vos propres mots ? J’y ai songé toute la nuit, moi. Vous m’avez dit que vous n’aviez aucun désir pour moi et que vous aviez beau faire, je ne vous excitais pas. Je comprends mieux maintenant votre réticence à partager le même lit que moi. » Suguru reposa son bol de riz à peine entamé, l’appétit coupé, et posa ses baguettes à plat dessus. Il fit mine de se lever mais son petit ami l’arrêta.
« Attends… Je ne comprends rien à ce que tu racontes, argua-t-il en le retenant par le poignet. Je n’ai jamais dit une chose pareille ! Et ce n’est pas parce que je préfère attendre un peu avant d’aller plus loin avec toi que je n’ai pas envie de toi !
- Bien sûr que si, vous l’avez dit ! Je ne suis pas fou au point d’inventer des choses comme ça. Si je ne vous intéressais pas, vous n’aviez qu’à me le dire franchement plutôt que de sortir avec moi par pitié ! Parce que c’est de ça qu’il s’agit, hein ? Soyez honnête au moins une fois ! »
Il arracha sa main de l’étreinte d’Hiroshi et ramassa son bol aux trois-quarts plein.
« Je n’ai plus faim, déclara-t-il, vaguement nauséeux, en le plaçant dans le réfrigérateur. Je vous laisse finir, moi j’y vais. Mon train ne m’attendra pas. »
Abasourdi, Hiroshi le vit prendre son sac et sa veste et se diriger vers l’entrée. Le train ! À cette scène s’en superposa une autre, pas très ancienne, dans laquelle la situation était inversée. Il se leva brutalement et courut à la suite du jeune garçon qui enfilait ses chaussures.
« Fujisaki, attends ! C’est… c’est comme la dernière fois !
- Quelle dernière fois ? rétorqua le claviériste avec humeur.
- Le jour où nous sommes partis pour Yaizu. Tu… tu m’avais accusé d’avoir caché ton téléphone et tu m’as dis… Enfin, bref, des choses dont tu m’as assuré ne pas te souvenir après coup. Je t’assure que c’est pareil pour moi. Crois-moi ! Je t’aime et je peux t’assurer que je te désire. Je veux juste attendre encore un peu. »
Suguru le considéra d’un air chargé de doute ; d’un autre côté, il se rappelait de cet étrange incident au cours duquel il avait traité son petit ami de « drogué. » Non qu’il s’en souvienne, mais il ne pensait pas qu’Hiroshi serait allé inventer cela. Et dans quel but l’aurait-il fait ?
« Je… En effet, je me souviens de cette histoire. Je ne parviens toujours pas à croire que j’aie pu vous dire une chose pareille mais je vous crois. Je ne comprends pas ce qu’il se passe entre nous, monsieur Nakano. Vos paroles d’hier soir m’ont tellement blessé que je n’en ai presque pas dormi de la nuit, répondit le garçon d’une vois blanche.
- Je n’aurais jamais dû te repousser comme je l’ai fait, s’excusa Hiroshi en déposant un baiser sur les lèvres du claviériste. Je réalise que je me suis comporté comme un vrai mufle. Désolé de n’être qu’un gros rustre indélicat, conclut-il avec un faible sourire.
- Nous ferions mieux d’y aller, suggéra Suguru après un autre baiser. Je n’insisterai plus, puisque c’est ce que vous souhaitez. Moi non plus je n’ai pas été très finaud, sur le coup. »
Comme la fois précédente, quelques baisers et caresses mirent un terme à l’incident et, ensemble, les deux musiciens partirent pour N-G.
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Contrairement à ce que Suguru avait escompté, Shuichi ne fit pas la moindre allusion à la scène que lui et les autres avaient interrompue la veille. Sans doute avait-il fini par en prendre son parti après être allé pleurnicher dans le giron de Yuki à propos de la « trahison » de son meilleur ami, supposa-t-il. Cette indifférence l’irrita et, poussé par un désir pervers, il suivit le chanteur de Bad Luck aux toilettes, à la pause. Shuichi le trouva qui l’attendait, les bras croisés, nonchalamment appuyé à la faïence immaculée des lavabos.
« Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il au bout d’un instant, sentant le regard lourd que le claviériste faisait peser sur lui.
- Vous n’avez rien dit mais avouez que ça vous fait mal que monsieur Nakano et moi soyons ensemble, le provoqua Suguru d’une voix suave. Vous n’arrêtiez pas de me narguer mais maintenant il est à moi… et quoi que vous puissiez dire n’y changera rien.
- Laisse tomber, minus. Hiro est mon meilleur ami mais c’est pas à moi de lui dire avec qui il peut coucher ou non », rétorqua le chanteur, hostile. Il acheva de se savonner les mains et les passa sous le jet d’eau. Certes, découvrir Hiroshi entre les bras de cet intriguant de Fujisaki – et il attaquait, le petit serpent ! pressé sans doute d’arriver à ses fins – lui avait souverainement déplu. Jamais, depuis le premier jour, il n’était parvenu à se défaire de l’idée que Suguru cachait des choses et ne jouait pas franc-jeu avec eux. Ce n’était qu’un arriviste qui profitait de Bad Luck dans le seul but de servir sa carrière, et s’il avait jeté son dévolu sur Hiro c’est qu’il devait avoir quelque chose derrière la tête. Toutefois, Hiroshi était assez grand pour savoir ce qu’il faisait et s’il trouvait son compte avec Fujisaki, tant mieux pour lui.
Suguru lui renvoya un sourire provocateur mais son regard sombre s’était curieusement durci.
« Vous dites ça mais je sais que vous l’avez en travers de la gorge. Hiroshi est à moi, vous m’entendez ? Alors ne vous avisez pas d’essayer de lui fourrer de drôles d’idées en tête parce que je vous garantis que vous le regretteriez. »
Shuichi ouvrit la bouche pour répondre mais ce qu’il lut au fond des yeux de son jeune collègue coupa court à ses velléités de protestations. Sans un mot, il se sécha sommairement au séchoir automatique et quitta en toute hâte les toilettes, furieux et mal à l’aise. Fujisaki avait dépassé les bornes mais, pour d’obscures raisons, il n’avait pas osé le remettre à sa place. Quelquefois, ce morveux savait parfaitement rappeler au monde sa parenté avec Tohma Seguchi.
Suguru le regarda partir et son sourire s’élargit. Affaire réglée ; Shindo se le tiendrait pour dit, à l’avenir.
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Hiroshi se pencha en arrière, les mains sur ses reins douloureux. Par chance, le temps était au beau fixe depuis quelques jours ce qui leur avait permis de s’atteler au ponçage des boiseries dans le jardin. Même si c’était le soir, la chaleur était lourde et moite. Tout ce qu’il lui fallait dans un futur très proche était une bonne douche… et pourquoi pas un petit massage ? Suguru était doué de ses mains, et pas seulement pour jouer du piano.
Un petit sourire lui étira le coin des lèvres. Suguru repeignait avec application les boiseries déjà poncées, à l’autre bout du petit jardin, totalement absorbé dans sa tâche. Le guitariste s’approcha de lui à pas de loup et, l’enlaçant par derrière, lui planta un baiser dans le cou.
« Tu as terminé ? Que dis-tu d’un bon bain histoire de nous détendre ? »
Le jeune garçon, revenu de sa surprise, se retourna vers son petit ami sans lâcher son pinceau.
« Je dis que c’est une excellente idée. Et que diriez-vous d’un petit massage après ? »
Hiroshi se mit à rire en réponse.
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