CHAPITRE II

 

LUNDI 23 JANVIER

 

Il vient de m’appeler ! À l’instant, de sa voix si belle et sensuelle, il vient de m’exposer les détails de notre séjour au ski.

 

Mais, bon sang, ces cinq jours ont sans doute été les plus longs de mon existence. C’est bien simple, j’ai passé les 120 dernières heures (en dehors de quelques moments de sommeil habités de rêves… que la décence m’empêche de retranscrire ici… mais tellement réels…) à attendre que mon téléphone sonne. Et il n’a pas arrêté. Mayu, Sanami, Keiko, Ai, j’en passe et des meilleures, des filles dont je serais incapable de me rappeler le visage, toutes ont choisi ce moment pour se rappeler à mon souvenir ! Je sais bien que j’ai pour principe d’assurer le SAV, mais là… j’avais des choses plus importantes en tête !

 

Mon Ryûichi adoré a tout de même fini par me rappeler. Notre séjour au ski est confirmé, et nous partons dimanche prochain pour shiga Kogen, dans les Alpes japonaises. L’endroit est, paraît-il, formidable pour skier, et notre hôtel « confortable et fonctionnel ». Il propose tout un tas de services et d’activités, mais j’ai surtout retenu qu’il disposait de sources thermales aménagées. Ryûichi et moi dans un onsen… Après des heures de ski, il aura certainement envie de se détendre, et je connais des tas de manières de se relaxer…

 

J’imagine déjà son corps mince et musclé, si sexy et en même temps si mâle, ondulant sous mes caresses et… je préfère arrêter là, j’en ai déjà des vertiges.

 

Petite ombre à ce tableau idyllique, nous ne serons pas seuls comme je l’avais cru. Noriko, assistante clavier des Nittle Grasper et, accessoirement, meilleure amie de ma sœur Mika, sera là aussi avec sa fille de six ans, Saki.

 

Je n’en reviens toujours pas qu’un joli brin de fille comme elle soit mariée à ce vieux gâteux de professeur Ukai. Il a au moins vingt-cinq ans de plus qu’elle ! Bon, d’accord, Ryûichi a quinze ans de plus que moi… mais ça n’a rien à voir ! Ce Tetsuya Ukai a tout du vieux pervers, je ne l’ai rencontré qu’une seule fois, à l’occasion de ce fameux jeu télévisé où Shûichi et moi… bon, enfin, il m’a fait froid dans le dos. Rien que de l’imaginer avec Noriko en train de… Non, mieux vaut ne pas y penser. Et le plus fort, c’est que Noriko en est folle amoureuse. Je crois bien que je ne comprendrai jamais les femmes.

 

Ceci étant, je ne comprends pas non plus ce que mon frère trouve de si fantastique chez Shûichi. Non pas qu’il ait jamais rien dit de pareil, d’ailleurs, il ne cesse de le traiter d’idiot et menace sans arrêt de le mettre à la porte… mais attendu qu’il reste avec lui, c’est qu’il doit bien l’aimer, non ?

 

J’avoue l’avoir trouvé pas mal au début. Avant qu’il n’ait les cheveux roses… Il ressemblait beaucoup à Ryûichi, mais c’était parce qu’il copiait son style. En fait, il n’a pas grand-chose à voir, et l’original est mille, que dis-je, un million de fois mieux !

 

Mais je digresse… Je disais donc, nous serons quatre pour ce séjour à la neige, Noriko, sa fille, Ryûichi et moi. Il me semble que Ryû-chan (jamais je n’oserais l’appeler ainsi en vrai, mais là j’en profite !) m’a parlé d’une éventuelle cinquième personne, mais que rien n’était sûr… Sans doute une amie de Noriko. Enfin, ce n’est pas très important, l’essentiel est d’être dans la même chambre que Ryûichi Sakuma. Je ne pense pas que Kumagorô ira se plaindre si nous faisons un peu trop de bruit lors de nos… activités nocturnes, pas vrai ?

 

Mais, Kami, le temps va me paraître TRÈS long jusqu’à dimanche prochain.

 

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